| Quelle est
votre impression sur cette deuxième année
consécutive à Paris au Zénith ? Steve : Paris est
sublime parce que le public est extraordinaire ;
« Out Rageous ».
Mike : C'est
une histoire d'amour entre le public français et
le groupe, ce concert c'est ce que l'on a fait de
mieux sans doute depuis dix ans. Les réactions
du public sont terribles, on en a même rit.
Joseph semble s'intégrer
au groupe, puisqu'il a participé à la
composition du dernier album. Avez-vous
réellement cette fois trouvé le partenaire que
vous cherchiez ?
Steve : Il
fait du bon travail avec nous, il s'intègre
parfaitement pendant les tournées et il est bien
représentatif de l'image de Toto... Mais il faut
lui mettre des petites tapes pour qu'il ne s'écarte
pas, du droit chemin... (Rires !!!)
La grande
surprise pour tous ceux qui vous suivent depuis
le début, c'est de voir sur votre dernier disque
que Steve Porcaro n'est plus qu'un « guest »...
Pourquoi ?
Mike :
Steve a quitté le groupe, et nous ne sommes plus
que cinq. Il reste à Los Angeles pour produire
sa musique et celle d'autres artistes. Il va y
faire sa carrière. Il ne veut plus prendre ses
responsabilités vis à vis de la vie du groupe.
Techniquement, il n'est plus avec Toto.
Steve, tu
signes plusieurs morceaux avec Randy Goodrum et
non des moindres. Qui est-il ?
Steve :
Randy est un parolier bien connu aux USA. Je l'ai
rencontré car moi aussi j'ai écris des chansons
pour pas mal de gens. Je le connais depuis trois
ans et nous nous entendons très bien pour la
composition. Nous présentons plusieurs de mes
morceaux au groupe et les meilleurs sont choisis.
Nous n'avons pas cherché après Randy, ça s'est
trouvé comme ça...
Pensez-vous que
dans le groupe Toto un de vous préserve votre
image ?
Steve : Non.
Nous avons plus de succès en France, en Europe
et au Japon. Aux USA c'est continuellement Up and
Down !
Mike : Oui,
Steve a raison, ce qui est amusant c'est que des
artistes européens cartonnent aux States et ne
marchent pas dans leur pays et vice-versa. Notre
musique est sophistiquée et le public européen
l'est aussi.
Steve :
Ouaip, en Europe il n'y a pas ce phénomène
typiquement américain de un jour t'es super, le
lendemain t'es nul ! On trouve ici beaucoup plus
de loyauté. Mais on pense que cette fois notre
septième album va marcher très fort aux States.
Pour ceux qui
lisent les pochettes de disques, on vous retrouve
à tour de rôle dans de grandes productions
américaines à l'échelle mondiale (M. Jackson,
Joe Cocker, Christopher Cross etc...). Pensez-vous
que cela vous aide ?
Mike : Nous
n'ayons plus le temps de nous occuper d'autre
chose que de Toto.
Steve : Nos
enfants vont aller en classe supérieure le temps
pour nous de rentrer à la maison ! Je pense que
le succès grandissant de Toto n'a rien à voir
avec les cessions de studio. Aux USA ça nous
nuit ! Les critiques musicaux ne portent pas dans
leur coeur les musiciens de studio. Peut-être
est-ce une référence ici ? L'année prochaine,
nous reviendrons, mais cette fois à Bercy. Je ne
pense pas que le fait d'être musicien de studio
à quelque chose à voir avec ça.
Ecoutez-vous
des groupes français ?
Mike : Non,
nous ne les connaissons pas, ils ne sont pas
exportés aux USA, mais nous savons qu'ils
existent, qu'il v a de bons groupes ici. Nous n'avons
jamais encore travaillé avec l'un d'entre eux.
Jeff : Moi
à chaque passage à Paris, je retrouve avec
plaisir mon ami Kamil Rustam qui est vraiment un
type chouette... et un très bon guitariste.
Steve : J'ai
fait une session pour un artiste français il y a
quelques temps, le groupe était venu faire un
disque aux USA, c'était bien, ils avaient une
acoustique spéciale. Là, sur le vif, je crois
que c'était Alain Chamfort.
Aimeriez-vous
faire un clip avec J.B.Mondino ?
Mike : Oui,
il est géant ! Absolument géant ! Chaque fois
nous faisons une vidéo avec des personnes
différentes. Cette fois, c'est un directeur
anglais « Nigel Deek » qui a tourné un clip
pour « Pamela » et « Stop loving you ».
Donc peut-être
un jour une vidéo de Toto avec J.B. Mondino ?
Mike : Oui,
bien sûr, c'est tout à fait possible. Ce serait
grand.
Pourquoi le
symbole de l'épée depuis dix ans ?
Steve : L'origine
est une phrase extraite d'une chanson du premier
album « Manuella Run » qui disait quelque chose
comme : « Attention, une épée est suspendue
sur vos têtes ». On cherchait un logo pour le
groupe et les disques sur lesquels elle figure
ont été les plus populaires de sorte que
maintenant nous ne l'oublirons jamais. Elle
identifie complètement Toto.
Steve, tu fais
partie des guitaristes qui ont vraiment une
personnalité. Quelle est ta conception de la
musique ?
Steve : Je
suis inspiré dans mon jeu par Je morceau qui en
quelque sorte me « dicte » comment jouer, peu
importe qui a écrit la musique ou les paroles ;
et on sent si on joue juste, si on « sonne »
juste et on imprime à l'ensemble sa propre
personnalité.
Mike, depuis
deux ans, tu as rejoint les frères sur les deux
derniers albums, la basse deveint plus percutante,
plus « Slap ». Du nouveau chez Toto. Est-ce ton
style ?
Mike : C'est
mon style car c'est mon expression. Je pense que
la mélodie repose sur elle comme dans «
Moshanga » avec e solo de basse au milieu, ou
comme dans « Straight for the heart ». Je pense
que les compositions des deux derniers disques se
sont présentés pour moi de tel façon que la
basse a été plus dominante qu'avant.
Qu'est-ce que
tu faisais avant Toto ?
Mike : J'ai
fait des sessions et des tournées avec « Boz
Sgaggs ». D'autres tourées, des T.V., des films,
aussi des jingles de pub, bien sûr.
C'était plus
un boulot ou un plaisir ?
Steve : J'ai
aimé faire cela, ce n'était pas eulement pour l'argent,
c'est aussi pour le plaisir... Il y a des fois
comme ça...
Et jouer avec
Toto, c'est un job ?
Mike : Nous
n'échappons pas au côté travail, mais dans ce
cas les contraines sont : l'attente dans les
aéroports, la fatigue, le manque de sa famille
que l'on ne voit pas pendant les mois de
tournées. C'est le quotidien qui est éprouvant.
Quatre soirées d'affilées, maintenant Paris
deux fois et ensuite nous partons en province
pour 8 concerts sans jour de relâche. Nous
vivons tout cela sans parler de voyages pour le
plaisir de jouer deux heures de concert chaque
soir.
Quel est votre
meilleur souvenir lie travail avec des artistes
américains ?
Steve :
Avec Mc Cartney, c'était vraiment super d'être
sur scène pour faire une "Jam" avec
lui. Jouer avec Jeff Beck au Japon le temps d'un
show était un grand moment. Il y eu tant de bons
moments avec de nomreux grands artistes, il est
difficile de dire lequel m'a le plus marqué.
Mike :
Lorsque que j'étais môme, le premier album d'Aretha
Franklin avec « Respect » et d'autres grands
succès m'ont assis et je pensais « Aie ! Dad !
» Il faut que je m'achè« une guitare basse. Et
une quinzaine d'années plus tard, je finis par
jouer sur un disque avec elle. C'est l'extase, la
boucle est bouclée.
Jeff as-tu le
sentiment d'avoir inspiré des batteurs depuis au
moins dix ans avec ta façon de frapper ta caisse
claire?
Jeff : Ça
dépend... Je ne pense pas pour des batteurs de
ma génération. Mais il est possible que, à
travers le monde, de jeunes musiciens qui seront
peut-être les stars de demain, s'inspirent de ma
façon de jouer. Mais je pense que ce style de
jeu et cette sonorité correspondent à l'esprit
de la musique actuelle, qui aurait de toute
façon engendrés une génération de batteurs
semblables. Ceci dit, chaque instrumentiste à sa
personnalité propre, il est difficile de faire
des comparaisons.
En parlant de
batteur, quelle bonne surprise l'apparition de
Manu Katche à a fin du deuxième concert au
Zénith...
Jeff : Ouaip,
c'était vraiment pas prévu, Manu avant d'être
un ami est un grand batteur. C'était très sympa.
Aimeriez-vous
faire une Jam avec Prince ?
Mike : Oui,
j'aimerais jouer avec Prince, il a du talent. Sa
musique n'est pas le genre que nous écoutons, je
ne dis pas qu'elle est mauvaise, c'est juste son
truc. son look, ses vêtements...
Steve : J'ai
travaillé avec lui pour un disque avant qu'il
devienne le Prince que l'on connait aujourd'hui.
Il était beaucoup plus tranquille alors, moins
flamboyant.
Etait-ce un
disque sur lequel figurait un cheval ?
Steve : Non,
c'était encore avant, en 1978. Il n'était pas
encore avec les Révolutions. C'était avant de
« cartonner ».
Que pensez-vous
de Prince en tant que musicien ?
Steve : Il
peut se comparer à James Brown, Jimmy Hendrix et
pour son look à Little Richard. J'aime certaines
de ses productions. Je pense qu'il fait du bon
boulot.
Quel est ce
nouveau morceau que vous avez joué au deuxième
rappel du dernier concert ?
Mike : C'est
« The seventh one », la face B du 45 tours «
Stop loving you ». Au départ, c'était juste
une petite « Jam » que nous avons fait pour
nous amuser en studio. D'autre part, nous avons
décidé de garder le maximum de titres sur l'album
et de ne pas mettre un morceau potentiel en face
B. Cette « Jam session » est super ; nous lui
avons consacré la face B. Normalement, nous ne
jouons pas « The seventh one » sur scène mais
l'ambiance était si folle ce soir-là au Zénith,
qu'il était indispensable de jouer quelque chose
en plus pour ce public si enthousiasme.
Right men :
thanks et rendez-vous l'année prochaine à Bercy.
Propos recueillis par Raymond et Valère (Music
Performance).
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