Simon Philipps, une vie de batteur

 


De Jeff Beck à Al Di Meola, de Robert Palmer à Mick Jagger, des Who à Toto, dont il devient membre à part entière après le décès de Jeff Porcaro, le batteur anglais Simon Phillips a joué avec les plus grands. Après vingt ans de carrière, dont il a retiré une certaine philosophie et un recul à toute épreuve, Simon conserve une véritable passion pour le son dans tous ses aspects, aisément perceptible à l’écoute de son son dernier album solo, “Another lifetime”... Franck Ernould

Simon Phillips n’a que douze ans lorsqu’il démarre comme batteur dans l’orchestre de jazz Dixieland qu’anime son père. Concerts et séances d’enregistrement - pour la BBC ou des albums - s’accumulent. Quatre années plus tard, à la mort de son père, Simon dissout le groupe. Peu après, en 1973, il auditionne pour la comédie musicale “Jésus-Christ superstar” et s’y fait remarquer. Du coup, les séances de maquettes se multiplient. Simon les honore toutes et, bouche à oreille aidant, passe à la vitesse supérieure : celle des “vrais” studio, 24 pistes. Agé de seulement dix-sept ans, il écume Trident, CTI, EMI, Maison Rouge, Mayfair, IBC, Air Studios..., au rythme de deux ou trois séances par jour. La première terminée, son assistant démonte la batterie pour la remonter dans un autre studio, en vue de la troisième, tandis que Simon, quelque part dans Londres, assure la deuxième avec une seconde batterie !
Un autre aspect vient s’ajouter aux talents de musicien de Simon : sa passion pour l’électronique. Ses parents possèdent une chaîne hifi haut de gamme et, parallèlement à ses débuts de batteur, il leur bricole un patch réalisé uniquement à base d’inverseurs, sans un seul centimètre de câble ! Il s’enregistre déjà à la batterie, en stéréo, sur le magnétophone familial. Ces connaissances techniques lui sont de la plus grande utilité en studio, où il s’intéresse à tous les aspects de l’enregistrement, des deux côtés de la vitre.

Quel sont les premiers artistes internationaux avec qui tu as collaboré, en studio ou sur scène ?

Robert Palmer, en 1974, pour son premier album solo, “Sneakin’ Sally thru the alley”, puis Phil Manzanera, en solo lui aussi, pour “Diamond head” en 1975 et “801” en 1976. A l’époque, j’ai même joué sur un album de Véronique Sanson, que j’ai accompagnée à l’Olympia. Je me rappelle aussi avoir été sur scène avec Michel Berger, de passage à Londres.
Ensuite, j’ai travaillé avec Jack Bruce - en studio pour deux albums, sur scène pour une tournée à travers les Etats-Unis et l’Europe -, avec Jeff Beck sur l’album “Wired”, produit par George Martin, avec Stanley Clarke, avec Mick Jagger...

Avais-tu déjà ces énormes batteries pour lesquelles tu es célèbre ?

J’ai commencé à jouer en concert avec deux grosses caisses dès 1974. En 1976, sur “Wired”, j’ai utilisé neuf toms ! Trois ans plus tard, comme Billy Cobham et Stewart Copeland, je me suis servi d’octobans, avec des gongs et différentes cymbales.

Tu n’es jamais passé aux sonorités électroniques ?

En tant que batteur de séances, il m’a bien fallu jouer un peu de Syndrums - les fameuses Simmons -, en particulier sur un album de Stanley Clarke. Mais je trouvais ça tellement horrible que j’ai vite arrêté. Un choix difficile : dans presque tous les disques du début des années quatre-vingt, on entend ces batteries !

Beaucoup de délais, par contre...

Ils font partie de mon son depuis 1976. A l’époque, j’avais un Roland Space Echo dans lequel j’envoyais toute la batterie pour lui donner plus d’espace. En 1980, je suis passé aux délais numériques : bien plus intéressants que tous ces sons électroniques...

D’un studio à l’autre, les exigences des ingénieurs différaient-elles beacoup ?

Pour le moins ! Mais je ne tenais généralement aucun compte de leurs remarques. J’ai toujours réglé et accordé ma batterie à ma façon : ça passait ou ça cassait... Je me souviens d’une série de séances où chaque fois, pour que ma batterie résonne moins, l’ingénieur du studio où j’arrivais me faisait mettre du scotch sur les peaux, même s’il en restait de la séance précédente. Au bout de quelques jours, il y en avait des couches et des couches : le son était minable... J’ai fini par en avoir assez, et dès qu’une séance était terminée, j’enlevais le scotch pour arriver sans à la suivante.
Au début, les studios m’ont beaucoup fait douter. Dans certains, on me disait “Tes toms sonnent super-bien, c’est génial... Comment fais-tu ?”, et dans d’autres “Oh là là, ça résonne !”. J’ai fini par considérer que c’était moi qui étais dans le vrai, par ne plus me poser de questions. Je répondais aux ingénieurs “Vraiment ? Mes toms résonnent ? Mais c’est ainsi que je les aime, j’ai passé des années à trouver ce son...” et je ne touchais à rien !
J’ai commencé à bâtir une réputation d’anarchiste. Les autres musiciens de séance se faisaient une joie de jouer avec moi rien qu’à l’idée qu’il y aurait du spectacle...

Par exemple ?

Dès qu’un ingénieur trouvait que le son n’était pas terrible, je répondais “Ah bon ? Quel dommage pour toi !”. Mais mon coup favori, quand l’un deux me demandait de baisser un peu ma caisse claire - une pratique très à la mode -, c’était de faire semblant. Je prenais ma clé et me mettais à racler le fût, ce qui produisait un bruit identique à celui que j’aurais fait en modifiant son accord. Après quoi je frappais quelques coups et invariablement, l’ingénieur me disait “Super, c’est carrément autre chose. Fantastique !”.
Ca marchait presque à tous les coups... Ces réactions déplaisaient, bien sûr, mais en un sens, elles m’ont aidé à me focaliser sur les studios et les projets auxquels je tenais vraiment. Parallèlement, je me suis demandé pourquoi, avec la même batterie, une fois enregistré, le son était si bon dans un studio et si mauvais dans un autre... C’est alors que j’ai décidé de m’intéresser aux micros : j’apprenais les références par cœur, je demandais aux ingénieurs eu qui j’avais confiance pourquoi ils prenaient tel modèle plutôt que tel autre... Au bout de quelques mois,j’arrivais à reconnaître pratiquement n’importe quel micro ! Je savais par expérience qu’un AKG D224 - très répandu en Angleterre dans les années soixante-dix - se mariait mal avec mon son de caisse claire, par exemple, alors qu’un Shure SM57, un AKG C414, ou un Neumann KM56 sonnait dix fois mieux ! J’en parlais à l’ingénieur qui, le plus souvent, tombait d’accord avec moi !

Pourtant, il n’y a pas que le micro qui “fasse” un son...

Je me suis effectivement rendu compte que la console, elle aussi, avait son importance... Là encore, j’ai appris à force d’expérience. Sans compter qu’au cours des années soixante-dix, la mode était aux petits studios, avec des cabines batterie généralement minuscules... Souvent, je demandais à enregistrer dans le studio lui-même, pour bénéficier d’un plus grand volume. Mais à cette époque, l’acoustique brillante n’était guère en vogue ! Heureusement qu’à la fin de cette décennie, on a retrouvé le plaisir des studios “vivants”, qui confèrent au son une telle ampleur que les possibilités d’accord sont plus étendues.

Au point qu’on est tombé dans l’excès inverse, celui des batteries énormes...

En à peine dix ans, on est passé d’un son hyper-sec, avec des noise gates partout pour couper toute résonance lorsqu’un fût n’était pas frappé, à un son hyper-réverbéré, à grand renfort de micros. C’est ce que j’appelle le son Power Station : du bruit avec un impact ! Il semblerait qu’aujourd’hui, on soit revenu à plus de sagesse. Dans mon dernier album solo, “Another lifetime”, j’ai essayé de respecter au maximum le son de ma batterie - réglée comme au début des années quatre-vingt - tel qu’il est.

Sur scène, ta “couleur” est-elle la même qu’en studio ?

Je joue exactement pareil, avec des micros identiques, exception faite des “overheads”. Quand j’enregistre, j’utilise des AKG C12A, trop chers pour les emmener en tournée (environ vingt mille francs pièce, ndlr), ou à défaut, des 460, 451, des Neumann KM84, voire des U67. J’ai l’habitude de prendre un Shure Beta 52 modifié pour la grosse caisse, des SM57 pour la caisse claire et les octobans, des SM98A pour les sept toms et la caisse claire piccolo, un SM91 pour le gong, muni d’un adaptateur spécial, des Shure SM81 pour le charley, les “overheads”, et pour les ambiances, soit un MS Shure VP88, soit des Neumann U87, U67, ou TLM170..., selon ce que j’ai sous la main !
En studio, on travaille sur un titre à la fois. Je peux donc changer ma peau quand je veux - toujours d’un morceau à l’autre, en tout cas. Voilà la différence essentielle ! Sur scène, il est évidemment impossible de modifier l’accord de la caisse claire, d’en prendre une autre, ou de remplacer la peau quand elle commence à s’user.

As-tu des recettes particulières pour égaliser ta batterie ?

Tout dépend du contexte. Ceci dit, le son s’élabore plus en enlevant des fréquences qu’en en rajoutant ! Il faut être très prudent lorsqu’au mixage, on est confronté à un problème de son : qu’est-ce qui ne va pas ? Est-ce vraiment le son de la batterie ou celui d’un autre instrument ?
Je me suis aperçu qu’il est souvent très difficile de mixer une guitare acoustique et une caisse claire. Une fois le son de guitare bien réussi, la caisse claire a du mal à se faire entendre... C’est une histoire de compromis : à l’ingénieur d’enlever un petit peu ici, pour le remettre là, sans faire perdre de leur caractère aux instruments... C’est un art !

Et pour les compresseurs, les réverbérations ?

Si je joue sur le disque d’un autre, je laisse toute lattitude au producteur de l’album. J’avais pris l’habitude d’enregistrer avec une réverbération témoin dans le casque, mais je l’ai supprimée voici plusieurs années. Désormais, j’enregistre avec un son complètement sec. En mettant une réverbération agrémentée d’un long prédélai - 80 à 120 ms, comme je les aime -, on a tendance à se laisser aller, à jouer avec. Dès qu’on l’enlève, le son devient tout de suite plus ingrat. Mais si l’on parvient, à force de discipline, à faire ressentir le groove sans avoir besoin de prédélai, il sera encore mieux perçu quand on rajoutera de la réverb au mixage ! Sur mes propres disques, j’ai tendance à préférer un son pur et assez sec, sans noyer le mixage dans des tonnes de réverbération. Nous en mettons bien sûr, mais très peu. Cela permet également de doser bien plus finement la part d’ambiance captée à l’enregistrement.

Arrives-tu à combiner le travail avec Toto, les séances et tes albums solo ?

J’avoue avoir levé le pied sur les séances... Tout a changé du jour où je me suis retrouvé membre à part entière de Toto : un travail régulier de composition, de répétitions, de studio, de concerts, une maison de disques, une organisation sans faille... et de grandes plages de temps libre dont je profite pour monter des projets solo, tourner, enregistrer avec des amis musiciens...

Parlons justement d’“Another Lifetime”, ton second album solo...

Depuis que je me suis installé aux Etats-Unis, fin 1992, je n’ai pas arrêté une seule journée : Toto, des classes de batterie, des séances, Pete Townsend, les Who, mon groupe, “Protokol”, qui a sorti deux albums, Los Lobotomys (formation Américaine, ndlr)... Début 1995, j’étais dans un état proche de l’épuisement. Je me suis reposé un peu, mais Toto a enregistré “Tambu”, pris du retard, et il a fallu partir en tournée en plein milieu des séances. Je me suis débrouillé comme j’ai pu pour intercaler mon premier album solo, “Symbiosis”. J’allais des studios Capitol pour Toto, à A&M pour moi. Résultat : fin 1995, je suis entré à l’hôpital, quelques semaines avant la tournée européenne de “Tambu”. Toto est donc parti sans moi. J’étais en convalescence dans ma maison de Los Angeles, où j’ai composé les morceaux qu’on retrouve sur “Another lifetime”. J’ai beaucoup travaillé avec Ray Russell, le guitariste de l’album.

Tu possèdes donc un home studio ?

Naturellement... Déjà en Angleterre, en 1986, j’étais équipé en 24 pistes. Arrivé Etats-Unis, pendant un mois, j’ai monté et à câblé le home studio de Mike Porcaro. Il avait acheté tous les appareils, mais sans rien assembler proprement ! Dans un premier temps, je me suis arrangé avec lui pour utiliser cet endroit quand il n’en avait pas besoin. Voici un peu plus d’un an, j’ai investi dans un home studio personnel : DA-88, DA-38, DAT Tascam D-20, Tascam M-2600 MkII 32 voies...

T’es-tu offert une cabine batterie ?

Non, elle est montée dans la chambre d’amis. Quand des invités ronflent ou toussent pendant la nuit, sa résonance les réveille ! Cette chambre dispose d’un panneau de 20 XLR pour les micros, de deux retours casque et d’une prise pour brancher la télécommande d’un des huit pistes Tascam.

Es-tu équipé en informatique musicale ?

Je fais tourner Vision sur mon vieux Mac Quadra 630. Il pilote quelques générateurs de son et un échantillonneur Roland S-770. Généralement, je réalise des maquettes complètes de tous les titres, avec basses et guitares séquencées. Une fois en studio, je recommence tout en me référant sans cesse à ces bases pour le groove, des détails d’arrangement, d’ambiance... Elles permettent aux musiciens invités sur l’album de se caler, de travailler leurs solos...

Sur “Another lifetime”, tu as travaillé avec Elliot Scheiner et Ray Russell, respectivement ingénieur du son et producteur de Toto...

Je tenais à collaborer avec eux : ils me connaissent vraiment bien. Alors que “Symbiosis” avait été enregistré sur Sony 3348, j’ai décidé de repasser en analogique ! A Los Angeles, les 3348 sont assez rares. Ils tournent plutôt en location, ce qui revient assez cher. Nous avons enregistré l’album aux studios Westlake sur leurs deux vingt-quatre pistes analogiques. Louer un quarante-huit numérique aurait augmenté la facture. J’en ai parlé à Elliot, qui m’a répondu “Pas de problème, on va tout faire en analogique !”. Ma maison de disques, Lipstick, était plutôt pour aussi. Le premier jour des séances, je me suis aperçu quedepuis toutes ces années, j’avais complètement oublié comment sonnait une batterie enregistrée en analogique. J’adore ça, même si la facilité d’exploitation est incomparablement plus grande en numérique...
Enregistré sur 3348, “Tambu” avait été mixé en 1/2” analogique, et déjà à l’époque, j’avais redécouvert ce son avec plaisir, notamment les relations de phase qui élargissent un peu la stéréo...

T’es-tu livré à quelques expériences, comme sur “Baby he’s your man”, un titre de “Tambu” ?

C’était une idée de David Paich (clavier de Toto, ndlr) ! Il m’avait suggéré d’enregistrer le rythme de base en me calant sur une séquence, puis de refaire une prise en accélérant la bande, pour ne garder que la grosse caisse, et d’en faire une troisème en la ralentissant, pour ne garder cette fois que la caisse claire. Au final : une batterie “normale” avec une grosse caisse très grave et une caisse claire très aiguë. Mais ce n’estpas tout ! Nous avons sélectionné les mesures qui sonnaient le mieux pour les mettre en boucle et les panoramiquer à gauche. À droite, j’ai joué d’un MIDI DrumKat, et au centre, j’ai encore rajouté une “vraie” quatrième batterie. Nous y avons passé des jours, mais le jeu en valait la chandelle !
Sur mon album solo, je n’ai rien fait de tel. Pas de loops : c’est moi qui joue tout. La production était au service des musiciens et de leur talent. Les sons ont été soigneusement choisis, travaillés, au cours des trois jours de répétitions. Nous avions joué ensemble sur scène, mais aucun morceau de l’album ! Il nous a fallu cinq jours pour les prises principales, trois pour les overdubs et cinq pour le mixage.

Quelle efficacité !

Ne m’en parle pas ! Je rêve qu’un jour, j’aurais un mois pour enregistrer un album et les week-ends pour me reposer...

Quel est ton studio américain favori ?

J’adore la cabine de Capitol, mais moins le studio. A&M est un peu “froid”, et la console ne me plait qu’à moitié... Finalement, c’est encore Westlake que je préfère : un beau volume, pas trop réverbérant, assez chaud, une bonne console... Le top, pour moi, c’est Ocean Way, chez Allen Sides ! Lui sait vraiment ce qu’il fait, et c’est un fan de l’analogique... Voilà mon classement, mais tout dépend bien sûr du projet ! Pour certains, Record Plant sonne de façon extraordinaire.

Une ou deux anecdotes, pour finir ?

En voici une, typique des années soixante-dix. La séance se passe à Olympic Studios, nous sommes nombreux : batterie, basse, trois guitares acoustiques, piano, trois percussionnistes africains. L’ingénieur commence par mettre les guitares devant ma batterie ! Je le préviens qu’avec le bruit que je vais faire, c’est le dernier endroit où les placer. Il en convient, et les expédie dans une cabine à part. Après cela, le producteur décide de nous faire jouer au click - un métronome mécanique en ces temps reculés... Il le pose au beau milieu du studio, sans rien pour l’isoler. L’ingénieur le repique avec un D12 - choix pour le moins étrange - et nous l’envoie au casque... Nous commençons donc à jouer le morceau, et voilà le métronome, dont le ressort avait sans doute vécu, qui se met à ralentir ! Je ralentis donc à mon tour, les autres musiciens me suivent et nous finissons par tous nous arrêter, au grand dam du producteur, qui se met à crier “Mais qu’est-ce qui se passe, pourquoi vous arrêtez-vous ?”. Ce à quoi je lui réponds, très calme “Je n’entends plus le click, voilà tout !” C’était tellement stupide : même à l’époque, il suffisait d’enregistrer un pattern au shaker, de le mettre en boucle, de le copier sur la bande et de l’envoyer aux musiciens, qui réagissent bien mieux à ce style de repère...

Sur scène, avec Toto, joues-tu au click ?

Jamais, tout est live et humain ! Je suis connu pour réaliser moi-même la balance de mon retour stéréo : j’ai une console à côté de moi, et je gère mes écoutes tout seul.
Autre anecdote, beaucoup moins drôle : un soir de 1995, sur scène avec Toto, toute une partie de l’éclairage de scène s’est détachée et nous est tombée dessus, en faisant du bruit au point de nous couvrir pendant quelques secondes. C’est un miracle qu’aucun de nous n’ait été blessé ou tué, mais ce qui arrivait était tellement énorme que personne ne s’est arrêté, n’a manqué un temps. Nous nous sommes regardés, stupéfaits, sans vraiment réaliser ce qui venait de se passer... Nous n’avons eu peur qu’après coup, une fois la chanson terminée !

Source: HOME STUDIO



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