| La Finlande n'est
pas seulement le pays des lacs, des forets et du
vieux monsieur barbu en bottes noires et en
habits rouges qui vient se faire cramer les
fesses dans nos vaste cheminées la nuit du 24
décembre. Les Finlandais se révèlent être des
amoureux de la batterie et des batteurs, comme en
a témoigné le concert du 24 mai 1999, qui a
réunit la crème des batteurs nationaux venu
témoigner de leur amour pour Jeff Porcaro, l'ancien
batteur de Toto décédé le 5 août 1992. Le concert avait lieu au Tavastialla,
en plein cur de la capitale Helsinki. Dans
le rôle du père noel des batteurs, Tommi
Rautiainen, inconditionnel de Jeff Porcaro. Il
avait eu l'occasion de rencontrer son héros
durant une tournée de Toto en Finlande en 1987,
et était venu lui présenter quelques caisses
claires de sa conception. En 1996, Tommi avait
déjà réalisé un clinic consacré au jeu de
Jeff Porcaro, mais ce véritable hommage était
le premier réalisé en Finlande. Outre Tommi
Rautiainen, le concert réunissait cinq batteurs
fans de Porcaro et revendiquants son influence.
Entre les prestations des batteurs, le public a
pu entendre un enregistrement de commentaires de
Joe Porcaro et Jim Keltner sur la vie et la
carrière de Jeff. Joe, en père admiratif,
racontait la passion musicale ayant baigné la
famille depuis toujours, et les premières
séances en studio de son fils alors qu'il n'était
qu'adolescent.
Le concert a débuté par une
introduction de Child's Anthem et Jack To The
Bone, avec Tommi Rautiainen à la batterie. Puis
se sont succédé sur scène Leevi Leppänen (Lido's
Shuffle et Daddy don't leave... New York City),
Harri Ala-Kojola (Forever Man et Walkabout), Jari
Kettonen (Pamela et Can't stand Losing You
magistralement interprété, avec une
intervention de Tommi), Miri Miettinen (pour un
puissant Big Bone puis don't Chan my heart),
Tommi Rautiainen (Waiting for your love et Tale
of a man) et Anssi Nykänen (Lowdown et un
splendide Gauch.
Les batteurs étaient accompagné
par le groupe de Jari Puhakan, dirigeant
subtilement ses compères depuis ses claviers. Un
bassite, un guitariste, trois cuivres, trois
choristes et deux chanteurs (se succédant selon
les morceaux) ont mis en valeur de la plus belle
des manières les morceux de Toto, ne tentant
jamais l'exploit technique mais privilégiant l'interprétation
scrupuleuse et pleine de groove. Une mention
spécial est a décerner au percussionniste Mongo
Aalyonen, dont la complementarité avec les six
batteurs fut parfaite, emplissant la salle de
duos rythmiques enthousiasmants.
Quand au batteurs, respectant la
musique de Jeff Porcaro, ils lui ont rendu le
plus bel hommage qu'il soit en ne cherchant pas
leur propre gloire mais en restituant plutôt le
groove et le phrasé du maître. En fermant les
yeux, Jeff semblait présent derrière les fûts,
discret et humble, mais fantastique artiste au
service de la batterie et de la musique.
Batteur magazine numéro
127
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