| Paris
en Automne 19h30,
porte de Pantin. Je range mon Fazer auprès d
autres motos. Une passante m aborde et me demande
quel groupe joue au Zénith ce soir. Je répons
en étant sûr que cette personne ne connaîtra
pas le nom que je viens d évoquer. Pourtant,
elle en connaît des titres et des
interprétations des musiciens composant ce
groupe ! Elle repartira sans le savoir. Cette
ignorance ne se lit pas sur le visage des autres
personnes que je vois se rassembler. La file vers
le Zénith se fond dans l obscurité. Passage des
billets. La fosse n est pas remplie, les gradins
à peine. Je regarde la foule. Les T-shirts de
Bercy sont bien mis en évidence. Pas de doute,
les fans sont présents.
On
prend les mêmes&
20h30,
l excitation est à son comble sur la scène. Un
peu de patience et les lumières bleues
remplacent la lumière diffuse de la salle. Dès
l intro, on comprend qu on assistera à un
spectacle pratiquement similaire à Bercy. "
Caught in the balance " puis " Tale of
a man ". Je commence à écrire l ordre d
apparition des morceaux mais pas facile avec un
casque à la main gauche. Les morceaux s
enchaînent, j arrête de prendre des notes.
Steve explique que ce concert est le dernier de
la tournée. Pour l instant, aucune différence
notable par rapport à Bercy bien que le son soit
excellent et que Bobby Kimball soit en voix. La
première intervention de Luke tranche la salle
dans sa longueur. Le son est fabuleux mais assez
aigu et plein de réverbs. Steve nous livre un
solo teinté d influences blues et également
orientales.
Les
blagues de Toto
C
est pendant le solo de Simon que le concert
prendra sa véritable ampleur. Comme pour celui
de Steve, Simon nous délivre un nouveau solo
bien senti. Il est en effet un spécialiste de
cet exercice. Nous montrant qu il peut faire avec
ses pieds ce qu
il
fait avec ses mains, Simon commence à tricoter
ses deux grosses caisses. Surprise ! Sur l écran,
le contenu du petit déjeuner de Simon est
affiché. En même temps, les roadies portent ce
même petit déjeuner à Simon en le posant sur
ses fûts. Simon est bien amusé et continue à
tricoter sa double sans aucune perte de rythme.
Luke photographie la victime, le groupe est
amusé. Deux minutes de plaisanterie et de
performance plus tard, Simon nous refait le coup
de l ambidextre totale grâce à ses quatre
octobans. Le gentleman laisse place au bûcheron,
les années Judas Priest MSG ont servi.
Luke explique que Simon, en bon anglais, tient à
son petit déj typique chaque matin ce qu a bien
relevé Luke et le reste du groupe.
L'imitation
de vitesse
Comme
pour Bercy, Luke prend sa sèche et nous refait
un medley. Puis l ambiance devient planante. Une
magnifique interprétation de " Georgie
Porgy " tout en douceur grâce au grand
arrangeur David. Superbe ! Une réponse à la
version guimauve d Eric Benet ?
Si
le groupe calme le jeu, les roadies continuent à
mettre l ambiance. A " 99 ", un roadie
apporte chandelier et bougies puis pose le tout
près des claviers de David. Luke chante bien
concentré mais ne peut s empêcher de rire en
voyant le tableau. C est la dernière et ça se
sent.
I
introduce you&
"
Better world " et " Cruel "
permettent au groupe d exprimer à la fois force
et douceur. Steve passe sa guitare en arrière et
présente le groupe. Il commence par Bobby et
évoque sa sobriété envers l alcool et le shit.
Ça casse. On présente le clavier qui officie en
coulisse. C est certainement lui qui balance
aussi les séquences qui relèvent les chorus.
Puis Simon. Après le petit déjeuner, il va
encore en prendre pour son grade. David attaque
la bande originale du film " Titanic ".
Sur l écran , la célèbre photo de Leonardo et
sa belle écartant les bras à l avant du bateau.
Mais la tête de l actrice est remplacée par
celle de Simon. Luke reprend les paroles de
Céline Dion. Effet dans la salle qui ovationne.
Présentation de Mike. Après des éloges sur ses
capacités de musicien, Steve nous avoue qu il
est aussi le plus marrant de la bande. Sur l
écran, une photo de lui avec certainement son
fils et portant de travers un chapeau de viking.
Le public acclame Mike qui est vraiment très
apprécié. Il n arrive pas à parler, son
émotion est grande. Il présente Steve. Une
nouvelle tuerie. Steve apparaît à l écran,
simulant une séance de torture où il est
ligoté et porte un masque noir. Une autre photo
le montre portant une couche-culotte au-dessus de
son jean. Au tour de David. Au préalable, les
roadies ont décoré ses claviers avec des
drapeaux. Il porte un chapeau haut de forme. Les
chSurs ont été présentés. Steve a même
permis à chacun d entre eux de jouer un morceau
connu qu il a composé.
Rappel
automatique
David
attaque son solo. A nouveau, il sera différent
de celui de Bercy. David va laisser planer un
parfum d Orient avant de lancer un furieux "
White sister ". Quelle version démente !
Premier rappel. " Child s anthem ".
Chaque note de Luke sera chantée par le public.
Deuxième rappel. " Hold the line ".
Toute l équipe vient sur la scène et salue le
public.
Le
Zénith sort du rêve. On s arrache les baguettes,
les médiators, & Le public est satisfait.
Les commentaires vont bon train. En général, la
haute performance musicale a été plus ressentie
que les blagues de fin de tournée. Mission
accomplie.
A
chaud
Ce
concert ne ressemblait pas à Bercy par son
esprit et parce qu il correspondait à la
dernière date de tournée. Superbe cadeau que
Toto fait à son public français qui n est
cependant pas son premier. Le retour de Bobby
Kimball a été amplement salué mais il est
terni par une dure réalité. Malgré sa bonne
volonté, ses performances sont rattrapées par
les abus qu il a accumulé dans sa vie. On ne
compte plus le nombre de fois où Bobby, visage
gonflé et traits sous les chaussettes, se frotte
le visage et bouge pour bouger. Ces concerts ont
été éprouvants pour lui et cela se voit.
Reviendra-t-il bientôt ? Peut-être. En tout cas,
son départ ne serait pas une surprise. Jean-Michel
Byron est bien parti sur de plus mauvaises
justifications.
Steve
Lukather s impose à nouveau comme leader. Ses
interventions guitaristiques en ont tué plus d
un et ont été bien relevées par un son à la
hauteur. Il n est pas étonnant que Simon
Philipps ait eu des problèmes de dos l obligeant
à se faire remplacer par Gregg Bissonette. Tout
son jeu est axé sur le pivotement. Non seulement
il pivote sur son siège en permanence mais il
fait aussi une séance d élongation à chaque
coup de cymbale. Et s il ne contentait que d une&
Pendant son solo, les roadies sont venus avec un
plumeau pour enlever fictivement la poussière.
Il faut dire qu ils ont réglé leur compte avec
le seul batteur qui règle sa batterie avec un
niveau d eau. David est non seulement le plus
rigolard mais aussi un grand arrangeur. Il
fallait le voir imiter Mike Porcaro se couchant
sur sa basse à chaque note.
Toto
a joué un de ses meilleurs concerts. La fin de
la tournée a permis à nos héros de prendre des
risques. Steve a improvisé la plupart du temps.
Je regretterais cependant qu il n ait pas joué
" Little wing " qu il reprend à
merveille. Bobby a fait don de lui. Visiblement
fatigué, il a laissé sa voix au Zénith.
Le
Zénith n est pas Bercy. Les décors ont moins
été mis en valeur par la taille de la salle. En
contrepartie, l atmosphère y était plus humaine.
Je
regretterais l absence d une première partie. Je
sais que cela ne se prêtait pas au contexte mais
il faut donner la chance à de nouveaux artistes.
Michelle White à Bercy avait bien commencé mais
ses reprises ont gonflé. Toto a été également
une première partie en son temps comme beaucoup
d autres groupes. Ne tombons pas dans le travers
des musiques qui ne se découvrent pas. Le Rock a
cette chance de se renouveler en vieillissant. Et
Toto l a encore prouvé un 8 Novembre.
Merci
Pour
finir, je ne ferais que reprendre les paroles de
Steve Lukather : " Nous ne sommes pas qu
un groupe, nous sommes des amis. Vous êtes nous
et nous sommes vous ".
Vos
remarques à
Eric
"Coyote" Lacombe
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