Revue de concert

 


Reportage en calédonie

« Nous sommes des vrais musiciens, pas des gens du spectacle »

Hier, dans les jardins du Méridien, en tenue aérée, claquettes au pied, les musiciens californiens ont mis tout le monde à l'aise, avec bonhommie et bonne humeur.

Bobby, le chanteur, a sorti le short et ne quitte pas ses lunettes; Mike, le discret bassiste, Simon, mince batteur à l'accent anglais et Steve, drôle de zèbre au cheveu rebelle et à la voix railleuse... Le quatuor forme le noyau dur de Toto sans le claviériste David Paich, l'un des fondateurs, retenu pour problème de famille. Il rejoindra le groupe pour la tournée européenne « Night of the proms » qui démarre dans trois semaines. C'est une pièce rapportée de haute volée, Greg Phillinganes, musicien attitré d'Elton John, qui le remplace dans le Pacifique.

L'esprit Toto bien vivant

Toto ignorait tout de la Calédonie. Qu'est-ce qui l'a amené jusqu'ici ? « Un agent qui voulait nous payer des vacances. Un avion nous a posé depuis Tahiti » s'amuse Steve Lukather, qui a visiblement déjà pris le soleil. Plus sérieusement, il explique tout le plaisir que les musiciens ont à venir jouer par ici, après le bon trip qu'ils ont eu à Tahiti.
Toto fête donc ses 25 ans de scène commune, dix-sept albums vendus par millions, des morceaux nouveaux ou sans cesse revisités. « On joue dans des styles différents. Chacun de nous a des tendances musicales différentes. Mais quand on joue des morceaux déjà connus sur scène, on leur donne une nouvelle vie avec des arrangements, des improvisations. Nos chansons ne sont jamais deux fois les mêmes. »
La belle énergie de ces quinquas est soutenue par « l'esprit Toto » qui a survécu tant à l'implication de chacun dans ses projets personnels qu'à la valse des musiciens au sein du groupe. « A travers certains changements, c'est le même groupe. L'esprit est le même depuis sa conception » explique Steve.

« Le succès n'a pas été si facile »

L'esprit n'explique pas, seul, le secret de cette longévité. « Le succès n'a pas été si facile. Nous avons eu un petit succès avec le premier album mais il a fallu attendre le quatrième et sept grammys pour réaliser qu'on n'était pas si mauvais. Nous sommes un groupe des années 70. La motivation est bien différente des groupes qui cherchent le succès à court terme. Il a fallu s'accrocher. Nous n'étions pas là pour faire un éclat et disparaître. Nous sommes toujours là parce que nous sommes de vrais musiciens, pas des gens du spectacle » avoue Steve.

De vrais musiciens qui ne boudent pas la technologie. « On prend ce qui est bon, notamment sur les enregistrements, mais on demeure avant tout des instrumentalistes sur scène » précise Simon Phillips, grand amateur d'électronique. Et pourquoi donc ces musiciens adulés par les foules, recherchées par toutes les grandes stars du rock, sont-ils mal aimés du public américain ? Pirouette de Steve : « Nous sommes plus appréciés par le public d'Europe et d'Asie et on a le plaisir de jouer chez des gens qui nous aiment. »
Au détour, mieux vaut éviter la question qui fâche, au risque de voir Steve aboyer. Une fois pour toutes : le nom de Toto qui colle au groupe depuis '978 est celui du chien du film « Le magicien d'Oz ». Rideau !
Toto au paradis

Les musiciens de Toto ont passé la journée d'hier en pères peinards à l'île des Pins. Le farniente était si bon qu'ils n'ont pas voulu quitter la plage du Méridien de la baie d'Oro.

Après leur étape au phare Amédée, mardi, Simon, Greg, Bobby et consorts, les musiciens de Toto qui donnent leur premier concert ce soir au Centre Tjibaou, ont profité d'une nouvelle journée de vacances. « Ils sont absolument ravis, enthousiastes et beaucoup pensent revenir ici avec leurs épouses » raconte Jean-Yves Quimper, l'un de leurs accompagnateurs. « Ils disent que ce sont leurs plus belles vacances » ajoute M. Quimper, qui a également apprécié la simplicité de ces stars accessibles.

Dépaysement total

Si Toto ignorait où se trouvait la Calédonie il y a quelques semaines, les musiciens ne se doutaient pas du dépaysement qui les attendait. « Ils ont été scotchés ! Littéralement. Etonnés par le côté sauvage et la beauté du site. Pourtant ils en ont vu des paysages ! Ils ont été surpris par le peu de visiteurs et ils ont beaucoup apprécié cette tranquilité, une paix à laquelle ils sont peu habitués. »
Le groupe a été ravi à un point tel qu'il a renoncé de faire le tour de l'île, se contentant de lézarder au soleil et de prendre un bain d'eau limpide dans la piscine naturelle de la baie d'Oro. L'occasion, pour le manager, d'enfiler pour la première fois de sa vie un masque et un tuba.
Toto en a également profité pour faire honneur à la cuisine locale : salade de langouste et papaye verte, picots et becs de canne. « Ce sont de fins connaisseurs de la cuisine française » affirme Jean-Yves Quimper.
Le groupe est rentré à Nouméa, hier, en fin d'après-midi. Aujord'hui commence la fête à Toto.
J.M.

Toto : l'attitude rock

Un concert complet, des musiciens généreux et une nuit de pleine lune : tous les éléments étaient réunis pour faire de ce premier concert un vrai régal pour les amateurs.

Un concert complet

3 300 personnes réunies pour la première de Toto en Calédonie. Tous les âges étaient représentés dans le cadre impressionant du centre Tjibaou, éclairé par une pleine lune qui était de la partie. Sifflets aux premières lumières, jumelles pour s'approcher des idoles, briquets dès le premier slow : tous les moyens sont bons pour recevoir comme il se doit le groupe mythique. Une banderole « Thank's Toto for coming » résumait l'état d'esprit de la soirée.

Un groupe généreux

Regards avec le public, échanges de poignées de main, le groupe était visiblement ravi d'être ici. Dès la deuxième chanson, le public reprend le refrain, les mains se lèvent : l'ambiance est là. Steve Luthaker, le guitariste et leader du groupe, termine de mettre le feu avec un « Merci beaucoup », en français, s'il vous plaît. Une première originale puisque hier soir, le leader fêtait son anniversaire.

Chemise ouverte, santiags, Toto se l'est jouée rock. Les solos de guitare et de basse ont enthousiasmé le public. Rockeurs mais souriant, un concert généreux pour les spectateurs. Le chanteur Boby Kimball, tout de noir vêtu, s'est approché tout près du public. Les Calédoniens ont su lui répondre en donnant de la voix.

Sources : Les Nouvelles Calédoniennes : http://www.lnc.nc
Sources : NRJ Nouvelle Calédonie :
http://www.nrj.nc
Sources : Merci à Laurent Navarro.
Articles : Joce Marmy et Blandine Guillet



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