Arrivée trés peu de temps
avant que ne commence le jam. A première vue il
y a beaucoup de monde, quelques ventilateurs
apathiques tentent de remuer un semblant d'air
tandis que quelques quidam se pressent au
comptoir. La salle est exigue mais ce mérite que
tout le monde peut distinguer la scène. La
console de mix est engoncée dans un coin de la
pièce. Beaucoup de T-shirts de Toto circulent,
discutent, visiblement Luke est attendu. Quelques
vagues spots font office d'éclairage de scène,
qui tiennent plus du thé dansant du dimanche
aprés-midi que d'un spectacle. L'ambiance n'est
pas aux effets spéciaux. Les spectateurs
viennent pour écouter, pas pour assister à un
spectacle pyrotechnique "Hallidesque".
Tiens, J'ai cru apercevoir Pascal Rondat.
Le concert commence gentiment,
par Smell Yourself de Los Lobotomys, pris à 200
à l'heure. Luke est égal à lui-même. Papy
Winter joue du sax comme personne quand il ne se
met pas aux synthés.
Tiens la femme de Luke est là aussi, dans la
salle, Et les quelques badauds ébahis que nous
fûmes, ont bavé avec langueur sur ses formes
élancées...
Quelques reprises du père Winter
plus tard, plongeant nos ames dans les racines du
blues, Le premier set se termine. Edgar Winter
fait à peu prés ce qu'il veut avec sa voix,
nourrie de gospel, de douleurs et d'éructations.
Il s'est opéré une fusion entre ces deux
musiciens, l'un passant l'énergie à l'autre, se
répondant par de multiples skats vocaux et
guitares. Pendant la pause, j'ai fait la
connaissance de Mister PHILOU, arrivé bien avant
nous et disposant d'une place de choix, tout
prés du vague petit guitariste de rock
californien de base, ah non ca n'est pas ça, en
face de Luke, qui nous a assis encore plus en
faisant apparaitre son coté le plus soul qui
soit.Il a vraiement joué avec son coeur.
Quelques bruits circulèrent quand Luke se saisit
d'un harmonica et d'une guitare électro
acoustique: "se prend-il pour Bob Dylan?"
se demandèrent les quelques rares techniciens
exacerbés de la critique simpliste, chers aux
feuilles de choux mornes et sans intérêt. Et
Luke reprit non sans humour une chanson de son
album du même surnom que lui, qui fait à peu
prés ça: "you don't know how much I hate
everything about you..." stigmatisant ses
relations intempestives avec son ex-femme,
ponctuées par de fréquents "f*** you",
en hommage à cette femme dont Luke gardera un
souvenir imperissable... Ils ont joué peu de
chansons, mais émaillées d'improvisations
éternelles qui fait que "Tobacco Road"
(reprise de Johnny Winter, frérot du dit
saxophoniste)dépassa allègrement le quart d'heure...
Un rappel pour la forme, un blues
à la Luke qui a pris telle la mayonnaise maison,
qui monte petit à petit, sans coup férir.
Une fois les lumières rallumées, nous avons pu
contempler à nouveau avec effervescence la
plastique avantageuse de l'élue du guitariste en
bermuda qui joua quelques minutes auparavant. (Pour
reprendre une phrase célèbre non dénuée de
sens: "P*****, elle est bonne!)
Aprés quelques minutes d'attente,
Phil Soussan vient signer quelques autographes
suppliés.
Vers minuit, Luke sort enfin de sa tanière,
ayant troqué le bermuda de scène pour des
tenues plus conventionnelles. Une lègère cohue
apparut, quand il s'est agi de bousculer certains
empêcheurs de signer en rond ces autographes
tant attendus. Avec en prime une petite photo à
coté du maitre. Il était vidé le luke, quoique
remplis tout de même de substances éthyliques,
fruits des amours entre le raisin et les
bactéries.
Bref ce fut une grande soirée.
Avoir pu approcher Luke, le voir se donner dans
une petite salle,rencontrer des gens de la
mailing list (je n'ai pas rencontré tout le
monde d'ailleurs, dommage), ce sont des soirées
qui restent gravées.
Christophe PANETTA
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