Revue de concert

 


Luke & Edgar Winter, New Morning le 5 juillet 2000

Arrivée trés peu de temps avant que ne commence le jam. A première vue il y a beaucoup de monde, quelques ventilateurs apathiques tentent de remuer un semblant d'air tandis que quelques quidam se pressent au comptoir. La salle est exigue mais ce mérite que tout le monde peut distinguer la scène. La console de mix est engoncée dans un coin de la pièce. Beaucoup de T-shirts de Toto circulent, discutent, visiblement Luke est attendu. Quelques vagues spots font office d'éclairage de scène, qui tiennent plus du thé dansant du dimanche aprés-midi que d'un spectacle. L'ambiance n'est pas aux effets spéciaux. Les spectateurs viennent pour écouter, pas pour assister à un spectacle pyrotechnique "Hallidesque". Tiens, J'ai cru apercevoir Pascal Rondat.

Le concert commence gentiment, par Smell Yourself de Los Lobotomys, pris à 200 à l'heure. Luke est égal à lui-même. Papy Winter joue du sax comme personne quand il ne se met pas aux synthés.
Tiens la femme de Luke est là aussi, dans la salle, Et les quelques badauds ébahis que nous fûmes, ont bavé avec langueur sur ses formes élancées...

Quelques reprises du père Winter plus tard, plongeant nos ames dans les racines du blues, Le premier set se termine. Edgar Winter fait à peu prés ce qu'il veut avec sa voix, nourrie de gospel, de douleurs et d'éructations.
Il s'est opéré une fusion entre ces deux musiciens, l'un passant l'énergie à l'autre, se répondant par de multiples skats vocaux et guitares. Pendant la pause, j'ai fait la connaissance de Mister PHILOU, arrivé bien avant nous et disposant d'une place de choix, tout prés du vague petit guitariste de rock californien de base, ah non ca n'est pas ça, en face de Luke, qui nous a assis encore plus en faisant apparaitre son coté le plus soul qui soit.Il a vraiement joué avec son coeur. Quelques bruits circulèrent quand Luke se saisit d'un harmonica et d'une guitare électro acoustique: "se prend-il pour Bob Dylan?" se demandèrent les quelques rares techniciens exacerbés de la critique simpliste, chers aux feuilles de choux mornes et sans intérêt. Et Luke reprit non sans humour une chanson de son album du même surnom que lui, qui fait à peu prés ça: "you don't know how much I hate everything about you..." stigmatisant ses relations intempestives avec son ex-femme, ponctuées par de fréquents "f*** you", en hommage à cette femme dont Luke gardera un souvenir imperissable... Ils ont joué peu de chansons, mais émaillées d'improvisations éternelles qui fait que "Tobacco Road" (reprise de Johnny Winter, frérot du dit saxophoniste)dépassa allègrement le quart d'heure...

Un rappel pour la forme, un blues à la Luke qui a pris telle la mayonnaise maison, qui monte petit à petit, sans coup férir.
Une fois les lumières rallumées, nous avons pu contempler à nouveau avec effervescence la plastique avantageuse de l'élue du guitariste en bermuda qui joua quelques minutes auparavant. (Pour reprendre une phrase célèbre non dénuée de sens: "P*****, elle est bonne!)

Aprés quelques minutes d'attente, Phil Soussan vient signer quelques autographes suppliés.
Vers minuit, Luke sort enfin de sa tanière, ayant troqué le bermuda de scène pour des tenues plus conventionnelles. Une lègère cohue apparut, quand il s'est agi de bousculer certains empêcheurs de signer en rond ces autographes tant attendus. Avec en prime une petite photo à coté du maitre. Il était vidé le luke, quoique remplis tout de même de substances éthyliques, fruits des amours entre le raisin et les bactéries.

Bref ce fut une grande soirée. Avoir pu approcher Luke, le voir se donner dans une petite salle,rencontrer des gens de la mailing list (je n'ai pas rencontré tout le monde d'ailleurs, dommage), ce sont des soirées qui restent gravées.

Christophe PANETTA



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