Revue de concert

 


Caen 20 mars 1999
La lumière s’éteint...enfin ! C’est que ca fait déjà une demi-heure qu’ils nous font poireauter, les sadiques... ca y est, on distingue des ombres se profiler sur la scène, une immense clameur retentit dans le Zénith. Et soudain la salle éclate de tous ses feux, tous les projecteurs braqués sur Toto dans un tonnerre de cris et d’applaudissements. C’est l’intro. Plus besoin de présenter les membres du groupe, on reconnaît déjà le coup de médiator de Steve Lukather à 10 kms tandis que Simon Phillips se déchaîne déjà sur sa Tama, admirablement secondé par David Paich et Pocaro. Surprise, Bobby Kinball est de retour ! L’image de la pochette du nouvel album Mindfields apparaît progressivement sur un énorme écran disposé en arrière-scène. le concert peut maintenant commencer...

Tout d’abord, l’adrénaline est assez vite montée pour arriver à son paroxysme moins de dix minutes après le début du concert. Pas de doute, Steve Lukather sait comment chauffer une salle. Ce dernier n’a pas arrêté d’arpenter la scène en long et en large et jouant non seulement de sa gratte mais aussi en s’amusant avec ; le binôme Lukather/Kinball est incomparable, ce sont de loin les plus actifs de la scène. A leur droite, David Paich était à son poste de Dieu-Pianiste, affublé d’un bonnet Toto et d’une paire de lunettes noires. Derrière Lukather et Kinball et un peu en retrait se tenait Pocaro dans toute sa classe : sobre, le dos légèrement courbé dans sa position de bassiste et le sourire en coin, il ne lui manquait plus qu’une clope au bec. Cela n’a pourtant pas empêché ce dernier de faire la démonstration à tous les bassistes de la salle qu’ils pouvaient rentrer chez eux la queue basse : personne n’égale Pocaro à la basse. Au milieu de la scène, juste derrière Pocaro, Simon Philips. Mon dieu, et dire que ce mec était déjà mon idole AVANT d’aller au concert... ! Pourtant batteur depuis 10 années, je suis resté bouche-bée devant une telle maîtrise. Son indépendance est parfaite et son tempo tient tête à n’importe quel métronome. Durant son solo de 5 minutes vers le milieu du concert, j’ai cru défaillir : vous avez affaire au genre de mec qui est capable de prendre une serviette à deux mains en plein solo pour s’essuyer le visage tout en continuant à jouer avec la seule aide de ses deux pieds sans perturber pour autant la continuation de son incroyable solo. Steve Lukather a bien raison : " Nobody plays drums like Simon ". Bref, le groupe au grand complet plus deux choristes dont l’un jouait de la gratte rythmique et se défendait royalement bien, d’ailleurs.

Coté zique, on a été bien servit. La sélection est assez bien faite et pour ma part je n’ai aucun reproche à faire sur ce plan. La voix de Kinball était un peu froide au départ mais s’est vite réchauffée 4 ou 5 chansons après le début. Steve Lukather reste à mon avis toujours meilleur chanteur, surtout dans les slows.

Coté instruments, chaque musicien à eu droit à son solo, seul sur la scène (sauf Pocaro). Il est inutile de décrire la dextérité dont font preuve tous les instrumentistes. David Paich donne une leçon de piano, Steve Lukather fait savoir à tous les guitaristes présents qu’ils peuvent aller se pendre avec leur cordes de gratte, Pocaro a de même fait savoir à tous les bassistes qu’ils pouvaient rentrer chez eux pour jeter leur basse à la poubelle. Quant à Simon Philips, les mots sont inutiles, sa maîtrise est indicible : en tant que batteur j’était mystifié dans tous les sens du terme, mais aussi un peu dégoûté d’avoir l’impression d’être une grosse merde.

Voilà, sinon coté anecdotes marrantes du concert, ce blagueur de Lukather a fait 15 secondes de solo de batterie (d’ailleurs, c’était pas mal du tout !) et nous a fait partager sa bouteille de flotte en rotant au nez de 10 000 personnes. Sinon, le groupe est parti sur une impro délirante de la Panthère Rose lancée par Paich.

Ca y est, c’est déjà la fin. Le concert est vraiment passé trop vite. On en ressort néanmoins changé : toutes les musiques paraissent insipides après cela. Une chose est sûre, il va me falloir une autre dose de Toto en live. Ce qui m’amène à une incontournable conclusion : j’y retourne !

Simon Strauss à Caen le 20/03/99 au Zénith.



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