Par
Eric Lacombe, fan depuis 6 ans.
20 H 15...
A peine les vingt
ans de Toto sont fêtés par un album mêlant
inédits et live, voici que le groupe sort "
Mindfields ", un album dans la ligne du
"IV" et attendu depuis longtemps par
les fans. Une petite semaine séparera la sortie
de ce dernier album et ce concert du 8 Mars 1999.
Bercy était plein ce soir-là. Dès le parking,
la simple vue des plaques minéralogiques
démontrait que toute la moitié Nord de l'Hexagone
s'était déplacée. A l'intérieur, des très
jeunes et des cinquantenaires s'apprêtaient à
se laisser porter pendant deux heures.
Qui es-tu?
Première partie: Michelle White, jeune chanteuse
accompagnée d'un guitariste tantôt acoustique,
tantôt électrique, un synthé et un harmonica
en complément. Les premiers morceaux furent
sympathiques. Mais, dès une reprise de Sade, les
sifflets ont retenti et sont amplifiés au fur at
à mesure des chansons. Dur d'être en première
partie. Passons...
Entracte. Une Holà se déclenche. Elle durera la
demi-heure nécessaire aux roadies pour préparer
la scène.
Bercy beaucoup
Extinction des feux. Bercy se lève et comprend
que l'Heure a sonné. Un son grave sort des
towers et monte de plus en plus. Sur la scène,
on reconnaît des ombres connus. L'arrière de la
scène voit paraître des nuages. Au fur et à
mesure que le son grave remplit Bercy, une ombre
surgit du bas de la scène. L'ombre se transforme
en chapeau, en visage, puis en lunettes
enflammées. La pochette de " Mindfields
" emplit toute l'arrière de la scène.
Claquement de caisse claire et le titre "Mad
about you" pilonne Bercy par la lourdeur de
son rythme. Manisfestement, Toto célèbre deux
albums, " Mindfields " et " 1977-1997
". "Tale of a man" suit
immédiatement. Fidèle à son habitude, le son
est nul pour les premiers morceaux. Il faudrait
peut-être signalé qu'une balance en salle vide
nécessite des corrections en salle pleine. Là
encore, passons... Le retour de Bobby Kimball
commence mal, la voix déraille plusieurs fois et
les voltiges vocales sont bridées.
Ombres et lumières
Le concert se poursuit. On a compris que Toto a
mis l'accent sur les effets scéniques. C'est
proprement superbe. Tout l'arrière de la scène
est un gigantesque écran mélangeant tableaux et
animations superposées. Ainsi, des dessins, des
clips et des vues des musiciens complètent le
tableau. Surprise! "Jack to the Bone".
Chaque fois que Steve passe au-devant de la
scène et torture ses cordes, Bercy se fait
entendre au-dessus de la sono. Ce morceau a
clairement été écrit pour tous les musiciens
de la planète. Simons Philipps laisse éclater
son ambidextrie naturelle et finalise le morceau
par son jeu de double grosse caisse label 5 de
chez Richter. Pas fatigué, c'est l'heure du solo.
Simon est un expert dans ce domaine. Cela
commence doucement. On présage le pire. Bercy s'enflamme.
Beaucoup ne connaisse pas la réputation de l'Anglais.
A ce niveau là, c'est du sport. Après un effort
de dix minutes, " Jack to the bone " se
finit en trombe. Merci Simon.
Après plusieurs morceux d'absence, Bobby s'attaque
à " A million miles away ". La voix
est nettement meilleure. Steve prend une guitare
acoustique pour un medley. Les titres défilent:
99, I want to hold you back, The road goes on,
.... On se calme, les couples se rapprochent. La
romance continue avec " I'll be over you
". Steve a toujours mieux chanté les slows
que le reste (Avis personnel). Puis fin de l'accalmie.
"Better world". Les choristes entrent
en action, ils n'avaient pas vraiment été
sollicités ni présents. Le morceau pousse à la
magie des lumières et se termine par David Paich
qui maintient une ligne mélodique lui servant à
montrer ses talents de pianiste et d'arrangeur
dans un solo particulièrement inspiré où,
contrairement à l'habitude, le synthétiseur et
les effets étaient requis. On enchaîne. "Africa".
L'ambiance monte, le Public sent que le temps
passe, il participe plus activement. Bobby
revient pour attaquer une version marteau-pilon
de Mama suivit de " Cruel ".
" Salut " Quoi, déjà? Premier rappel:
" Child's anthem ". La guitare de Steve
est reprise en coeur par Bercy. Puis " Girl
goodbye ". On continue le come back qui
dégage. Resalut. On siffle le rappel dans le
noir. Deuxième rappel: " Hold the line
". Bobby a la voix chaude et qui pousse à
chanter le refrain. Bercy fête le titre, les
têtes basculent d'avant en arrière, tout le
monde est debout. Steve présente le groupe,
deuxième salut à Jeffrey; remercia Sony-Columbia
pour plus de vingt ans d'aventure et le Public,
of course.
23H45
Enfin un concert qui se finit après 23h (aussi
dû à la première partie). Je retiendrais
plusieurs réflexions de ce concert:
Fields of Mind
- Toto joue à chaque fois nos titres préférés
mais le thème, l'atmosphère de chaque concert
est différente bien que la préparation et les
enchaînements soient perfectibles. Au Zénith,
hommage à Hendrix et ambiance afro. A Bercy,
pour "Kingdom of Desire", hommage à
Jeffrey et ambiance Hard Rock. Ce soir, hommage
au temps qui passe et ambiance Come back.
- Steve s'impose clairement comme leader du
groupe sur les pochettes comme en concert. C'est
bien justifié d'ailleurs. Chacune de ses
interventions déchaînent les passions et il
faut dire que ces interventions sont servis par
une sono qui l'avantage clairement. Spontanéité,
décontraction qui montre son assurance et son
charisme. Il ira jusqu'à plaisanter avec le
Public. Il est en avant mais cela a un prix :
Lenny Castro ne fait pas partie du spectacle, les
choristes sont en arrière-plan, Mike Porcaro est
toujours aussi peu visible. Dommage pour ce
dernier car il fait un travail de fond tout à
fait admirable. N'est-ce pas Father Jo qui disait
que de ses trois fils, il avait le meilleur sens
et la meilleure régularité du rythme. Steve ne
se prive pas de le présenter à chaque concert
comme le gardien du rythme. David n'est pas en
reste. Ses interpèlations du Public sont
garanties 100% retour. Il faut dire que son apect
nounours le favorise sûrement.
- La ligne basse-batterie est une véritable
référence. Simon est mon batteur préféré
depuis longtemps et ses deux grosses caisses ne
sont pas là pour la frime (Quoi. Qui a parlé de
Billy Cobham?). Mike est vraiment le plus modeste
et le plus en retrait. Pourtant quel monstre de
précision ! Sa modeste intervention en soliste
sur quelques mesures lors du medley fut largement
applaudie.
Bercy se vide. J'y ai vu un Public calme et
attentif par le nombre de musiciens présents.
Pour une fois, je pourrais sortir de Bercy sans
avoir un klaxon en permanence dans les oreilles.
Merci Messieurs d'être si talentueux. On attend
la suite car il est de notoriété que Toto a du
matos pour encore trois albums. Encore du bonheur
en perspective.
The road goes on
Lacombe Eric eric.lacombe@devinci.fr
Paris - FRANCE
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